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Seconde main, le revers de la médaille

Un tour du monde pour vos vêtements

Les alternatives à la fast fashion se font de plus en plus nombreuses actuellement. Parmi ces alternatives, la seconde main est la plus répandue.

Celle-ci s’est réellement démocratisée et touche de plus en plus de monde au vu de son accessibilité, ses prix et les choix proposés. Elle permet également de rester stylé et de cultiver son style sans passer par les enseignes traditionnelles.

Néanmoins, tout n’est pas rose sur le marché qui serait doublement plus important que le marché de la fast fashion en 2030, selon Cross Border Commerce Europe.

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L’envers du décor

Actuellement, les fripes sont de plus en plus populaires et attirent de plus en plus de personnes prêtes à envisager une consommation plus éthique.

Ces boutiques poussent dans tous les coins de rues avec des concepts originaux, et surtout, des vêtements qui peuvent plaire à tous types de profils. Chacun peut trouver son bonheur en friperie, encore faut-il être prêt à chercher…

De ce fait, les propriétaires de fripes ont la difficile tâche de proposer des sélections de vêtements en bonne qualité capable de plaire en tout temps, chose qui n’est pas une mince affaire.

En effet, les fripes fonctionnent généralement avec des dons de vêtements, néanmoins, face à la demande plus que grandissante, les propriétaires doivent de plus en plus dénaturer leur vocation de base en faisant appel à des fournisseurs qui proposent des vêtements issus d’autres continents tels que l’Asie ou l’Amérique. L’essence même d’une fripe est donc complètement revisitée et son impact sur l’environnement censé être positif devient nuancé.

Les vêtements voyagent et produisent donc fatalement du CO2. L’impact écologique des friperies reste assez moindre par rapport aux vêtements issus de la fast fashion, mais il faut tout de même garder à l’esprit qu’un vêtement acheté en friperie ne veut pas forcément signifier que celui-ci a 0 impact écologique.

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« Pas grave, je pourrai toujours le revendre, au pire ! »

Le monde de la seconde main touche un public qui ne cesse de grandir. Selon le Cross Border Commerce Europe, le secteur vestimentaire de la seconde main évolue 11 fois plus vite que le secteur de fast fashion.

Cela est dû au fait que la seconde main est devenue plus accessible ces dernières années. En effet, beaucoup de particuliers se tournent, entre autres, vers des plateformes en ligne qui permettent de vendre des vêtements qui ne sont plus utilisés. Généralement, les prix sont quand même assez attractifs et le système est assez simple. Le vendeur est content de pouvoir se débarrasser de l’article et de l’autre côté, l’acheteur peut rafraîchir sa garde-robe sans se rendre au centre commercial.

Néanmoins, ce processus est légèrement dénaturé lorsque le vendeur continue à acheter sans limite dans les enseignes fast fashion. La possibilité de revendre sur ces plateformes permet à l’acheteur de déculpabiliser ses achats. Ces plateformes deviennent donc des nids à fast fashion où l’on peut retrouver des vêtements neufs jamais portés avec leurs étiquettes qui sont vendus à des prix attractifs.

Certains sont portés quelques fois, sont ensuite vendus et c’est ainsi qu’un cercle vicieux se crée. Les gens revendent pour pouvoir acheter toujours plus. La fameuse seconde vie de ses vêtements est remise en question étant donné que leur première vie n’a peut-être jamais existé. Cela demeure tout de même de la fast fashion qui est vendue à travers un réseau différent, mais qui nuit tout autant. Ainsi, les acheteurs contribuent à la fast fashion sans s’en rendre compte.

La surconsommation est donc poussée à son paroxysme grâce à la complicité tacite de ces plateformes qui ne prônent pas un mode de consommation éthique.

Surconsommation…même en fripe !

Les friperies peuvent également pousser indirectement à la surconsommation. Le principe de la seconde vie plaît beaucoup et est, malgré tout, assez noble.

De ce fait, certaines personnes achètent sans compter et veulent à tout prix profiter de tout type de bonnes affaires. Les friperies accentuent le concept d’immédiateté dans lequel on se dit que c’est maintenant ou jamais. Ce qui est parfois vrai étant donné qu’une pièce belle vue aujourd’hui, aura peut-être disparu demain et donc à jamais.

Ainsi, cela ne laisse pas la place à un temps de réflexion permettant de réellement faire un choix mûre où l’on se rend compte qu’on veut vraiment cette pièce. Ainsi, la surconsommation accroît également dans les friperies.

De nombreux vêtements chinés ne sont parfois jamais portés au vu de la spontanéité qui a initialement guidé ces achats. La seconde vie de ces vêtements se vit au placard sans qu’ils ne puissent revoir la lumière du jour.

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Des cadeaux empoisonnés…

Malheureusement, les dons ne sont plus aussi qualitatifs et ne peuvent plus être vendus. En 2018, plus de 4 millions de dons de vêtements finissaient à la poubelle chaque année. De nombreux dons finissent donc par être envoyés dans des continents moins privilégiés pour être vendus aux populations locales.

Néanmoins, ces vêtements étant de mauvaises qualités, ceux-ci finissent par être jetés et cela crée des décharges avec des piles de vêtements colossales. Les populations locales et les personnes issues de catégories très modestes sont aussi friandes de vêtements en bonne qualité qu’ils peuvent porter à volonté.

Cela est dû au fait que la qualité des vêtements a, globalement, nettement baissé avec le temps. Le secteur de la fast fashion ne fait pas de progrès à ce niveau-là et aucune innovation n’est mise en place pour y créer des vêtements de meilleure qualité. Les matériaux utilisés sont moins en phase avec les préoccupations environnementales.

Ainsi, les dons de vêtements fast fashion ne servent pas beaucoup à la cause et déplacent ce problème ailleurs. Un don n’a de sens que s’il peut vraiment être utilisé et réellement vivre cette seconde vie.

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Tout n’est pas noir !

L’heure doit toujours être à la réflexion lorsqu’on mène des achats vestimentaires. Il est sûr et certain qu’il ne faut pas bannir les achats en seconde main, car le principe de base demeure positif. Néanmoins, il faut cultiver la sobriété en achetant des vêtements qu’on portera réellement et qui auront mérité leur place dans nos garde-robes. Le but de la seconde main est de pouvoir donner une seconde vie à ses pièces donc ces achats se doivent de respecter ce grand principe.

De plus, il faut éviter de tomber dans le piège des tendances éphémères qui disparaissent au bout de quelques mois voire quelques semaines. Ce sont souvent ces vêtements très peu portés que l’on retrouve à prix cassés sur les plateformes de revente en ligne et qui poussent souvent à la surconsommation dans les deux sens. Ainsi, les achats vestimentaires devraient être motivés par l’envie de se construire une garde-robe et un style qui traversent tout type d’époque et de tendances.

Se prêter des vêtements dans son entourage est aussi une belle alternative. En effet, cela permet de s’habiller de manière plus circulaire sans avoir à acheter pour toutes les occasions sans exceptions. Parfois, la pièce qu’on recherche pour une certaine occasion précise est déjà dans la garde-robe d’une personne de notre entourage qui n’utilise, elle non plus, pas beaucoup cette dernière. Cela réduit les achats moins nécessaires et désengorge les grandes gardes robes.

En général, acheter éthique, durable et responsable doivent être les mots d’ordre lors d’achats vestimentaires. Privilégier des vêtements intemporels et de bonne qualité sur lesquels on peut compter indéfiniment sans ressentir le besoin de remplacer permet de limiter la casse.

©Image article – AFP, Martin Bernetti.

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